«43.395134909292544, - Lot 3

Lot 3
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Estimation :
300 EUR
«43.395134909292544, - Lot 3
«43.395134909292544, 3.6912947502702274 #7 » 7 x 9 cm Tirage photographique sur rhodoïds brûlés (transfert de surface) Note d'intention : Cette photographie — d’abord nettement documentaire, puis transformée par la chaleur en reliefs boursouflés et cassants — interroge la manière dont nous façonnons notre mémoire collective et, par là même, notre identité. Les céramiques florales, vestiges d’un rituel funéraire artisanal, portent la marque d’une culture locale menacée de disparition. En exposant la matière photographiée à l’épreuve de feu, je fais éclater la surface ostensiblement lisse, révélant les cicatrices et les vides qui jalonnent toute tentative de fixer le souvenir. À l’instar des sociétés qui doivent s’adapter pour survivre, l’image se réinvente : déchirée, incurvée, fragile, elle demeure un témoignage d’un héritage à la fois ténu et tenace. « 43.395134909292544, 3.6912947502702274 #7 » nous rappelle que notre avenir se construit sur ces fragments de passé : c’est en acceptant le caractère provisoire de nos traditions et en leur donnant une nouvelle forme que nous pouvons assurer la pérennité de nos identités et ouvrir un horizon plus résilient. En 2020, je remonte la trace d’un savoir-faire artisanal par un travail d’archivage photographique de plusieurs dizaines d’images réalisé au Cimetière des Marins Paul Valéry de Sète, celui des céramiques florales funéraires. Véritable inventaire d’une mémoire collective et trace d’un passé dissolu où se rencontre la ruine et la chute, je m’intéresse à ces espaces du quotidien et de l’ordinaire comme des lieux de rencontres : moyen de faire résonner la parole d’une famille et d’un territoire. Ici, l’image photographique devient malléable. S’opère alors un transfert de sens : un nouveau rapport tactile de l’image. La photographie bascule dans le champ du tangible et devient matière sculpturale, boursouflée, enflée et tuméfiée. La photographie devient fragile, couche fine, flottante et cassante sous l’effet de la chaleur. En matérialisant ces bribes d’histoires collectives ce projet est une réponse à une certaine forme d’urgence, urgence face la perte et face à notre propre disparition. Biographie : Née en 1993, Delphine Melliès vit et travaille entre Aubervilliers, Pantin et la Corrèze. Formée en photographie à l’École de Condé puis diplômée en Histoire de l’art à l’Université Paris I, elle développe une pratique qui croise photographie, performance et mémoire familiale. Son travail s’ancre dans l’exploration des traces, des récits intimes et des traditions populaires, de la redécouverte de cartes postales brodées à l’étude des fêtes pyrénéennes ou des céramiques funéraires. Ses recherches donnent lieu à des séries photographiques et à des performances telles que Mother (publiée dans l’ouvrage de Michel Poivert, 2022), Transhumance (Musée de la Chasse et de la Nature, 2022), ou encore Août 1999, Ayna, Espagne. Plus récemment, elle poursuit une réflexion sur les rituels funéraires et les savoirs locaux avec des installations comme Sans titre (2022) et Quand je mourrai, n’oubliez pas de le dire aux abeilles (2025).
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